ingrédient
La fraise de Prin
Olivier et Mijo s'intéressent de très près à
un des fleurons gastronomiques de leur département : la fraise
de Prin. Ils en font même un peu plus qu'ils ne le disent dans la
présentation ci-dessous.
Connaissez-vous la Quarantaine ?
Non, je ne veux pas vous parler d'un cap de la vie qui pour certain est
parfois difficile à aborder.
Il s'agit ici de cette p la nte vivace de la famille des rosacées,
commune aux bords des chemins et lisières boisées. Et oui,
la fraise des bois ou plus particulièrement la Fraise de Prin,
qui cultivée dans la commune de Prin-Deyrançon, connût
son heure de gloire à la fin du XIXème - début du
XXème siècle.
Au XIXème siècle, la commune était à vocation
essentiellement viticole et suite à l'invasion du phylloxéra
(1881-1885) beaucoup de familles ont consacré un lopin de terre
à la culture de cette fraise. C'est le sol tourbeux du Marais Poitevin
et notamment les pourtours des tourbières alcalines de Prin qui
donne à cette fraise son parfum inimitable qui lui permit de conquérir
les salons parisiens. Ces sols étaient également très
recherchés pour certaines cultures maraîchères :
asperges, melons, oignons, artichauts et quelques « vedettes »
comme le fameux haricot b la nc ou « mogette » du
Marais.
A la saison, les femmes et les enfants des ouvriers agricoles avaient
la tâche très physique, véritable casse dos, de récolter
cette fraise minuscule dans de petits paniers en osier contenant une livre
de fraise, améliorant ainsi leurs modestes revenus.
Les petites fraises à peine ramassées, un véritable
commerce organisé se mettait en p la ce pour qu'elles partent fraîches
sur Paris par la gare de Prin. Cette expédition vers Paris a été
grandement facilitée par la création de la ligne de chemin
de fer Paris-La Rochelle et de la création de la halte de Prin
qui s'ensuivit en 1895.
Elle était vendue aux Halles sous le nom de Quarantaine de Prin
principalement aux grands restaurants parisiens où elle était
servie avec du champagne sous le nom de fraise des rois.

La 1 ère guerre mondiale signe la disparition économique
de la Fraise de Prin.
Cette fraise est référencée dans l'inventaire du
patrimoine culinaire de la France - Région Poitou-Charentes (Ed.
Albin Michel).
Actuellement, une seule personne la cultive pour réaliser une
de ses spécialités la confiture de Quarantaine. Sa production
est actuellement de 200kg seulement sur juin.
Mais la Quarantaine n'a pas dit son dernier mot et il se pourrait bien
qu'elle réapparaisse sur vos tables au moins si vous passez par
Prin-Deyrançon. A suivre.
Olivier
& Mijo
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